Quand Hasso Plattner, le co-fondateur de SAP, a commencé à évoquer les travaux sur le In-Memory Computing menés au sein de l’institut de recherche qu’il finance, c’est le scepticisme qui a accueilli ses déclarations. Quand on y repense aujourd’hui, ce n’était que logique. Car la trajectoire que dessinait alors Hasso Plattner bousculait des certitudes ancrées dans les directions informatiques des entreprises depuis des années, à commencer par celle voulant que l’informatique décisionnelle, celle des rapports et autres tableaux de bord, soit forcément distincte du monde transactionnel, où l’entreprise enregistre ses transactions au fil de ses activités.
Cette séparation des deux univers se traduit par une complexité des sous-jacents techniques : ETL pour extraire les données, datawarehouse (ou entrepôt de données, NDLR) pour les stocker, datamarts, agrégats… L’industrie a rivalisé d’ingéniosité pour rendre le décisionnel suffisamment réactif aux besoins des entreprises. D’emblée, c’est tout cet édifice que Hasso Plattner a voulu remettre en cause. Dès 2009, dans un livre blanc fondateur au titre sans ambiguïté (« Une approche commune pour OLTP et OLAP en utilisant une base de données In-Memory en colonnes« ), il expliquait : « J’ai toujours pensé que l’arrivée des solutions de datawehouse n’était qu’un compromis. La flexibilité et la vitesse que nous avons gagnées l’ont été au prix d’un surcroît de gestion en extraction et chargement de données, ainsi que de contrôles accrus en matière de redondance ». L’objectif était donc tracé ; son caractère radical ne pouvait que susciter le scepticisme évoqué au début de mon billet.
Cet objectif est désormais à portée de main. La curiosité, l’intérêt ont supplanté l’incrédulité. Curiosité et intérêt des métiers, mais aussi de la DSI. Car, au-delà des nouveaux usages résultant de la réactivité du In-Memory Computing (voir le billet que j’ai écrit à ce sujet), c’est aussi sur une simplification drastique du paysage IT que débouche l’informatique en mémoire. La vision est simple : par son fonctionnement en mémoire, Hana, l’appliance SAP renfermant la nouvelle technologie de base de données In-Memory, est capable de remplacer toutes les technologies actuelles (datamarts, datawarehouse et bases de données transactionnelles).
De toute façon, l’industrie n’a plus le choix. La généralisation des outils mobiles – il n’y a qu’à considérer la diffusion extrêmement rapide des iPad chez les cadres -, mais aussi l’explosion du volume des données (phénomène dit du Big Data) dans toutes les entreprises ou les habitudes nées de l’expérience utilisateur d’un Google (et ses réponses quasi-instantanées aux requêtes) exigent de nouveaux standards en matière de réactivité et de flexibilité. Ainsi qu’une capacité à encaisser de gros volumes d’informations sans faire exploser les coûts. Un nouveau palier sur lequel les entrepôts de données traditionnels auront du mal à se hisser. A l’inverse, en supprimant le besoin de créer des agrégats, en stockant les données directement en mémoire – gage de performances – et en compressant ces données via un stockage en colonnes, Hana répond à cette évolution des attentes.
La voie menant à cette informatique remodelée – une transition douce, par étapes décrite par Hasso Plattner dès 2010 – est aujourd’hui déjà largement défrichée. Depuis l’automne dernier, l’entrepôt de données BW est capable de fonctionner au dessus d’une infrastructure Hana, supprimant ainsi tout recours à une autre base de données. Une étape majeure qui en précède une autre, décisive : le support de Hana par l’ERP Business Suite, qui sera effectif dès le quatrième trimestre de cette année. Concrétisant ainsi la vision de Hasso Plattner : celle d’un environnement unique de données – tant pour les usages transactionnels que décisionnels -, gage d’une meilleure qualité et de la fraicheur de ces dernières.



Toute la revue de presse
Pas de commentaire pour l'instant.