Innover Maintenant

POINT DE VUE SUR LA CRÉATION DE VALEUR

Innover Maintenant : En matière d’innovation, les compagnies européennes ont-elles un comportement différent de celui de leurs homologues américaines ou asiatiques ?

J.H.S : Nous avons maintes preuves de la volonté d’innover des entreprises européennes, même si elles se montrent plus actives dans certains secteurs que dans d’autres. La plupart des grandes entreprises sont aujourd’hui globales et elles agissent comme tel, indépendamment du lieu où est situé leur siège.

Toutefois, il existe probablement deux domaines où apparaissent des différences. Ainsi, en Chine, l’innovation est souvent focalisée sur des échelles gigantesques, du fait de la taille du marché local. Les entreprises chinoises sont donc certainement à la pointe en la matière. D’autre part, aux Etats-Unis, les entreprises sont souvent plus promptes à explorer de nouvelles idées, en raison de la culture du risque locale. Parfois, en Europe, nous débattons trop longtemps ! Mais, dans l’ensemble, les travaux que nous menons avec de grandes entreprises européennes me rendent confiants dans la capacité du continent à créer non seulement de nouveaux produits, mais également à imaginer de nouvelles manières de faire des affaires. Dans des secteurs comme l’énergie, l’automobile ou l’agro-alimentaire, l’Europe a acquis des positions très fortes.

 

Innover Maintenant : En Europe, nombre d’entreprises sont assez anciennes, d’où l’emploi du terme transformation digitale. Où en est-on de cette transformation ?

J.H.S : Nous n’en sommes qu’aux débuts. Mais chacun a pu prendre conscience de son potentiel : Apple a ainsi réinventé l’industrie musicale sans avoir été présent dans cette industrie auparavant. Cette transformation digitale est aujourd’hui surtout sensible dans les marchés grand public, avec des impacts considérables.

Les effets sont aujourd’hui en train de toucher les marchés B2B. Les mutations qu’ont connues les interactions entre les consommateurs et les entreprises via le mobile et le Cloud, avec des services comme Facebook, eBay et autres, peuvent déboucher sur une seconde génération de transformations, touchant les interactions entre les entreprises. custodia iphone 7 pegoo L’objectif étant de créer des réseaux d’entreprises, amenant des gains de productivité via l’optimisation globale de l’ensemble d’une chaîne de valeur, et non en se contentant d’optimiser chaque organisation prise individuellement. Cette vision, que nous avions depuis longtemps, s’est concrétisée par notre volonté de racheter Ariba. Grâce à ce rachat, SAP pourrait devenir le centre de gravité de la connexion inter-entreprises, à l’origine d’une nouvelle vague de gains de productivité et d’innovations.

 

Innover Maintenant : Où se situent les opportunités majeures dans cette nouvelle vague de transformations ?

J.H.S : Les opportunités dans le B2B viennent de l’ajout d’intelligence, de logiciel, à des offres matérielles. C’est ce que nous appelons l’Internet des objets : ces derniers, qu’il s’agisse d’outils, de voitures, etc. custodia cellulare impermeabile iphone vont embarquer de plus en plus de logiciels. L’objectif étant d’avoir une connaissance des événements en temps réel. Avec ces informations, une entreprise peut rendre une chaîne de valeur entièrement numérique : elle sait à tout moment où sont les produits, les camions, les containers, quelle est la température de ces derniers… Et elle peut dès lors commencer à prévoir par exemple quand tel rayon situé dans tel magasin va être en rupture.

C’est une opportunité énorme de renouveler les modèles économiques des entreprises et de trouver de nouvelles voies d’optimisation des processus. Un exemple concret concerne la gestion de l’énergie, via les smart grids. Si vous travaillez à l’échelle d’un pays par exemple en incluant les voitures électriques, vues pas seulement comme des véhicules mais aussi comme des réserves d’énergie, vous obtenez un modèle très intéressant dans lequel chaque voiture peut stocker de l’énergie la nuit, par exemple en provenance d’éoliennes. iphone cover outlet Chaque foyer peut alors vendre de l’énergie au réseau lors des pics de consommation. Sur la base d’une analyse que nous avons menée, un pays comme l’Allemagne serait ainsi en mesure d’économiser 15 % des matières premières qu’il utilise pour sa production d’énergie, sans rien changer à la consommation de ses citoyens.

Un autre problème très concret concerne la circulation des camions vides. Si vous connaissez en temps réel l’emplacement de ces camions vides, et si vous pouvez reprogrammer leurs déplacements sur une échelle très large, vous gagnez en productivité tout en diminuant les émissions de CO2. C’est aussi le cas avec la voiture connectée, qui permet de relier chaque véhicule au réseau. Aujourd’hui, quand un bouchon se crée, les systèmes GPS réorientent tous les conducteurs vers un trajet alternatif, créant une seconde congestion ! Si l’ensemble de l’information est centralisée, il devient possible de guider un flux approprié de véhicules sur un premier itinéraire, un second flux sur un autre itinéraire, etc. Vous pouvez aussi pré-réserver une place de parking, un emplacement pour recharger un véhicule électrique… A partir du moment où les données sont disponibles, de nouvelles possibilités d’optimisation s’ouvrent.

 

Innover Maintenant : Un des points clefs de cette transformation digitale réside dans l’équipement mobile des consommateurs, qui permet de mieux connaître leurs habitudes. C’est évidemment une opportunité majeure pour les entreprises du B2C, une nouvelle façon d’engager le dialogue avec les consommateurs. Mais nombre d’entreprises restent prudentes car elles considèrent que ces pratiques sont trop intrusives et risquent d’être rejetées par une partie de leur clientèle. Quel regard portez-vous sur ce débat ?

J.H.S. : Nous y sommes probablement plus attentif en Europe qu’aux Etats-Unis, mais c’est une question très sérieuse. La meilleure façon d’y répondre est de donner le pouvoir aux consommateurs, de leur laisser le choix dans le niveau d’information qu’ils souhaitent partager afin de créer un climat de confiance. Car, avec certaines enseignes, je peux souhaiter partager mes préférences pour ne pas être pollué par des promotions ou publicités qui ne m’intéressent pas. Dans les services financiers par exemple, proposer à chaque client les offres les plus pertinentes en fonction de ses attentes et de son profil reste une opportunité majeure. Cette personnalisation existe déjà dans ce que le secteur appelle le « private banking », réservé à la clientèle fortunée. custodia iphone x con laccio Avec la technologie, une banque peut désormais comprendre les attentes de chaque consommateur – peu importe sa fortune – sans coût additionnel. La finance a donc l’opportunité d’élargir l’expérience du « private banking » à chaque individu.

Mais le consommateur doit rester au centre de la décision, valider par exemple que des informations très personnelles soient partagées avec sa banque mais pas avec son opérateur télécoms. custodia iphone 8 sottile Et il faut que ce processus soit simple et transparent. Aujourd’hui j’utilise Facebook mais je trouve regrettable qu’il soit si difficile de savoir qui peut avoir accès à telle ou telle information.

 

Innover Maintenant : Majoritairement, les entreprises ne confèrent pas ce pouvoir à leurs consommateurs…

J.H.S. : C’est vrai et c’est une grave erreur. custodia gucci iphone 7 Les entreprises récolteraient en fait bien plus d’informations si les consommateurs étaient maîtres de cette décision. Si je suis un consommateur fidèle de Carrefour par exemple, je pense que j’apprécierais de partager mes préférences avec l’enseigne pour recevoir des promotions appropriées, mais uniquement si je peux arrêter simplement ce partage de données quand je choisis de le faire. Si vous donnez le pouvoir aux consommateurs, et s’ils peuvent l’exercer simplement, chaque acteur de la chaîne y gagnera : les entreprises, qui récolteront plus de données, comme les consommateurs, qui auront accès à des offres ayant plus de valeur.

 

Innover Maintenant : Quel pourrait être le rôle de SAP dans ce marché ?

J.H.S. : Il manque un niveau de confiance dans cette relation : SAP pourrait être un acteur de confiance dans ce type d’environnement. Nous avons 40 ans d’expérience dans la construction de logiciels de qualité entreprise, ce qui signifie que nous garantissons la cohérence des données, leur sécurité… C’est ce que nous apportons au monde de la mobilité, cette confiance dans la technologie.