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POINT DE VUE SUR LA CRÉATION DE VALEUR

Dans les discours marketing de l’industrie du logiciel, il est courant d’opposer le déploiement sur site (ou « On Premise ») au déploiement en mode SaaS (ou « On Demand »). Souvent pour le démoder, le « On Premise » est présenté comme lourd, long à mettre en œuvre et cher. Tandis que le « On Demand » lui est synonyme d’agilité, de rapidité, d’expérience utilisateur repensée à la mode 2.0. Mais – parce qu’il y a un mais – moins facile à personnaliser et fonctionnellement moins riche. La réalité est plus complexe et diverse que cette vision réductrice. La transition vers le Saas sera en effet progressive, mais pas totale. Au moins pour deux raisons.

 

Tout d’abord, le poids de l’existant, et en particulier des développements spécifiques qui rendent ces systèmes si complexes, interdit tout grand soir dans les SI. On peut certes migrer une messagerie vers le Cloud en quelques semaines, mais imaginer la même opération pour un système de CRM, fortement couplé aux systèmes financiers, logistiques, etc. de l’entreprise est illusoire. La transition vers le Saas sera donc progressive, itérative et pervasive, au sens où elle se diffusera à travers toutes les parties du système d’information.

D’autre part, si le mode SaaS fournit bien une réponse rapide et clef en main à un besoin précis de l’entreprise, il n’échappe pas aux contraintes de l’intégration avec le système d’information. Reprenons l’exemple du CRM : opter pour un logiciel en mode SaaS permet certes à la DSI de fournir aux métiers une réponse rapide à leur attente, cependant l’entreprise ne fera pas l’économie d’un projet d’intégration avec la finance, les logistiques et autres systèmes back-office. Nul doute que cette question va ressurgir très vite, dès que les métiers, une fois leurs besoins couverts par la solution, voudront améliorer la productivité des processus mis en place.

 

Allier le meilleur des deux mondes

 

Comme le remarque le blogueur Hollis Tibbetts (par ailleurs responsable de la stratégie logicielle dans le département fusions & acquisitions de Dell), la multiplication des solutions en SaaS signifie « plus de points de contacts entre applications, plus de changements et plus souvent ». Certes elle répond à l’accroissement de la vélocité des affaires, à la volatilité des clients et à l’hyper concurrence généralisée, autant de phénomènes qui forcent le système d’information à se transformer en permanence. Pour les DSI, il n’en reste pas moins que l’enjeu de l’intégration des solutions Saas au patrimoine de l’entreprise devient central dans le maintien de leur efficacité opérationnelle.

 

Cette problématique de l’intégration doit amener les organisations à se poser les bonnes questions quand il s’agit de choisir entre mode Saas et « on-premise » : comment exploiter les avantages du Cloud tout en capitalisant sur les actifs informatiques existants ? ; comment allier le meilleur des deux mondes, en conservant agilité, vélocité et coûts maitrisés ? Le Cloud amène une réponse efficace aux besoins de réactivité des métiers, mais il doit être envisagé dans une cohérence générale du système d’information en termes d’architecture et de processus.

 

Du fait de sa connaissance en profondeur des SI d’entreprise, la démarche suivie par SAP dans le Cloud n’a eu d’autre objectif que de répondre à ces interrogations. Avec une priorité : un travail sur l’intégration entre les solutions proposées dans le Cloud et le cœur du système d’information déjà en place – afin de décharger les entreprises du développement, mais aussi et surtout de la maintenance des interfaces.

 

Cette vision qui a guidé le développement de SAP dans le Cloud apparaît clairement dans les solutions verticales en mode Saas pour la Business Suite (Sourcing OnDemand, Carbon Impact On Demand, Sales OnDemand, Travel OnDemand), centrées sur des sujets où les entreprises doivent se moderniser leur SI très rapidement (en quelques semaines, voire quelques mois) avec de nouvelles logiques d’usages et d’organisations. C’est encore cette vision visant à allier le meilleur des deux mondes qui guide l’intégration des outils de SuccessFactors (éditeur de solutions pour les ressources humaines racheté par SAP fin 2011).

 

SuccessFactors + SAP = plus d’efficacité opérationnelle

 

Annoncé fin février, le rapprochement des deux gammes fait cohabiter, pour les fonctions centrales RH, Employee Central (la solution dans le Cloud issue de SuccessFactors) et ERP Human Capital (celle de SAP, à déployer sur site). Une façon d’offrir le choix aux entreprises : rapidité pour celles qui veulent aligner leurs processus sur les bonnes pratiques du marché, souplesse maximale pour celles souhaitant capitaliser sur leur existant et/ou déployer des fonctions très particulières (pesée de poste, planification sous contrainte, etc.). Avec, dans les deux cas, la possibilité de mettre en œuvre très vite, à coût marginal, une intégration native des fonctions complémentaires RH (Talent Management, Recruiting, Learning Management…). Des domaines où les entreprises ont tout intérêt à s’aligner sur les bonnes pratiques d’un éditeur. Des domaines où SAP privilégie donc les offres Saas issues de SuccessFactors. Car ce sont ici vitesse d’exécution et maîtrise des coûts qui priment.

 

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